Bye bye MegaUpload…

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C’est probablement la grosse nouvelle du moment : MegaUpload (ainsi que tout l’empire Mega, c’est-à-dire MegaVideo et consorts) a été fermé jeudi 19 janvier 2012 par … le FBI. Et non, ce n’est pas une blague.

 Petit récap’

MegaUpload est un hébergeur de contenu et un site de partage fichiers. Il suffit d’envoyer sur le site un fichier pour se voir rétribué par un lien, amenant sur une page où n’importe qui peut maintenant télécharger le fichier mis en ligne. Pratique pour diffuser ses créations avec ses potes. Mais bien évidemment, pratique pour permettre le partage de contenu soumis au droit d’auteur. En effet, MegaUpload délivre les fichiers hébergés en téléchargement par direct download (DDL), du téléchargement direct via le HTTP. Le débit est donc garanti, contrairement au P2P où celui-ci dépend du nombre de sources disponibles. Et bien entendu, en partie suite à l’instauration de la Hadopi, le grand public a pris comme nouvelle habitude de passer par de tels hébergeurs pour télécharger leurs fichiers.

Sous couvert de n’être qu’hébergeur de fichiers, qui sont eux envoyés par les utilisateurs, MegaUpload semblait donc protégé de la justice, au même titre que les autres plate-formes de contenu participatives. Les ayants-droits peuvent évidemment déposer des demandes de retrait de contenu, auquel cas l’hébergeur a l’obligation (si la demande est légitime) de supprimer le ou les fichiers incriminés.

Le coup d’arrêt

Cependant, MegaUpload et ses collègues ont aussi une philosophie très différente de celle des trackers torrents et autres plate-formes de P2P. Car, dans le but de financer la bande passante conséquente dont ils ont besoin, ainsi que le nombre important de serveurs qu’ils doivent entretenir, ces plateformes de DDL incitent ses usagers à acheter des abonnements premium, pour bénéficier d’une absence de restriction.

Classiquement, celles-ci sont au nombre de quatre :

- Publicité

- Un seul téléchargement à la fois

- Temps d’attente (entre 20 secondes et une minute)

- Débit limité

Les titulaires d’un abonnement sont eux totalement libres. Sur le papier, cela semble raisonnable. Mais dans la pratique, il faut admettre que la pilule est difficile à avaler : pour pouvoir télécharger librement et avoir accès à la culture, certains sont prêts à payer. Payer un abonnement donc, pour ne pas payer les oeuvres. Quand on voit le prix d’un abonnement à Spotify par exemple, on se demande s’il n’y a pas un peu d’hypocrisie, y compris de la part des utilisateurs.

D’autant que le cas de MegaUpload est très difficile à défendre. Dans le dossier du procureur, il est fait état de 175 millions de dollars de recettes depuis 2005. La facture de la location de serveurs et de bande passante s’élève elle à 65 millions de dollars, depuis la même date. On est donc très loin d’un simple « financement du service », et plutôt bien avancés dans le domaine de l’entreprise à la recherche d’un profit démesuré.

Et c’est bien là ce qui a causé la perte de MegaUpload, et de l’arrestation de son fondateur, Kim Dotcom (ainsi que d’autres membres importants de l’empire Mega). Car MU appliquait une politique de rémunération des contenus populaires. Plus concrètement, les utilisateurs qui mettaient en ligne des contenus étant beaucoup téléchargés étaient récompensés financièrement. Ainsi, MegaUpload encourageait ses meilleurs uploaders à ne mettre en ligne leur contenu sur leur plate-forme, afin d’accroître leur base de données, et de s’assurer un règne sans partage dans la galaxie des hébergeurs de fichiers. Pour rappel, les estimations font de MegaUpload le 13ème site mondial en termes de trafic (qui s’élèverait à 4% du trafic mondial).

Pourri or not pourri ?

D’un point de vue personnel, j’ai du mal à me sentir triste pour MegaUpload. Leur mode de fonctionnement ne correspondait clairement pas (comme celui de tous les autres sites de direct download) à l’idée que je me fais du partage de la culture. Si l’on veut que celle-ci soit accessible à tous, les intermédiaires ne doivent pas rechercher le profit, tout comme ceux qui sont à l’origine du partage. On a rarement vu des seeders demander à se faire payer pour avoir mis en ligne une quantité faramineuse de torrents, par exemple. L’inverse serait purement ignoble, dans le sens où il s’agirait de spolier totalement le créateur du contenu originel de ses recettes.

Alors oui, le système actuel ne favorise pas la rétribution des artistes, hors certains cas exceptionnels de labels et studios indépendants. Mais payer pour ne pas acheter ou juste pour un débit supérieur ? C’est de l’hypocrisie, et légèrement schizophrène (la culture gratuite mais avec abonnement… ?!).

 

Cependant, au-delà du caractère quasi-mafieux de MU (qui était essentielle à sa fermeture en l’état actuel des lois américaines), il faut se rappeler que ce genre de fermeture risque de se multiplier démesurément si des lois telles que SOPA sont votées, et pour des plate-formes moins « pourries ». Le grand public va naturellement se commencer à se poser des questions sur la neutralité du Net, et leurs libertés sur cet espace. D’autant que MegaUpload hébergeait aussi du contenu légal, qui a tout autant disparu que le reste. Tout cela met en exergue la fragilité des réseaux centralisés, et peut-être favoriser un retour vers le pair à pair. Avec cette fois, une tendance au chiffrement pour contourner la Hadopi. Quoique celle-ci semble toujours aussi inefficace, au vu du faible nombres de cas en examen.
Pour le reste, il va être temps de trouver une solution réconciliant consommateurs et créateurs. Quand on pense que des gens sont prêts à débourser quelques dizaines d’euros par an pour avoir accès à du contenu, on se demande encore qui rechigne à la création d’une licence globale.

Sûrement une autre de ces sales entreprises qui cherche à tout prix à faire toujours plus de profit :o )

 

En savoir plus : Numerama : Dossier du procureur
Communiqué de La Quadrature du Net
Numerama : Annonce de l’arrestation des dirigeants de MU et de la fermeture du site

il y a 1 mois

Quelques petits mots en passant, surtout pour souhaiter un bon réveillon de Noël, un joyeux Noël, et, comme je ne repasserais pas dans les parages d’ici-là, une bonne année !

 

N’abusez pas de la dinde, du foie gras et/ou du champagne, on se revoit en 2012 pour de nouveaux rebondissements ! SOPA, ACTA, Hadopi, Firefox, GNU/Linux, Windows 8, Apple, Android et la fin du monde nous attendent au tournant ;)

 

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J’ai comme l’impression qu’on me prend pour un simplet

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Que ce soit bien clair, je ne veux pas utiliser ce blog comme une tribune politique. Par le passé, ça m’est arrivé (et ça arrivera encore) de critiquer des mesures prises par le gouvernement, mais toujours liées de près ou de loin à Internet et l’informatique. Pourtant, aujourd’hui, je vais m’autoriser un petit écart.

La source du problème

 

Ce dont je vais parler ici est la « prime » (ou le « rattrapage », selon votre politicien favori) de 3531€  accordée aux sénateurs. Celle-ci va être le sujet d’un vote pour son maintien le 13 Juillet au Sénat. Évidemment, on a de quoi s’interroger sur la nature et la légitimité du versement de cette somme. Wikipédia nous apprend que :

Les sénateurs perçoivent, au 1er janvier 2011, une indemnité mensuelle de 7 100,15 euros bruts, calculée selon le traitement des fonctionnaires occupant les emplois les plus élevés de l’État appartenant à la « catégorie « hors échelle » (conseillers d’État, préfets, directeurs d’administration centrale, etc.) ». À cela s’ajoute l’indemnité représentative de frais de mandat d’un montant d’environ 6 100 euros pour la rémunération des collaborateurs, la location d’une permanence, l’équipement de bureau, etc.

On comprend donc bien que les Sénateurs disposent déjà d’une rémunération conséquente. Leur indemnité mensuelle brute correspond à 5,3 SMIC, ou 15,6 RSA pour une personne seule. Concernant l’indemnité représentative de frais, notez que les parlementaires peuvent embaucher un assistant personnel (qui sera rémunéré 2400€ brut/mois). Il reste donc à leur charge les voyages (mettons, grand maximum, 2000€/mois pour quatre allers/retours Paris/Nice en 1ère classe tous les mois), la location d’une permanence (1000€ de loyer mensuel), et il reste donc les frais de bureau. Je note aussi au passage que :

Les sénateurs ont des avantages en nature équivalents à ceux des députés : des moyens matériels sont mis à leur disposition comme un bureau individuel au Palais du Luxembourg ou dans ses dépendances, des équipements informatiques et de communications, la gratuité de l’affranchissement du courrier spécifique à leurs travaux parlementaires, des prêts pour le logement ainsi que diverses facilités de transport (réseau SNCF gratuit).

Mais continuons.

C’est quoi cette prime ?

Cette prime correspond en réalité à un rattrapage sur les trois dernières années des indemnités représentatives de frais (les 6100€ sus-cités). Dans une interview accordée au JDD, le Sénateur Gérard César (UMP) affirme :

Ce n’est pas une prime, c’est un rattrapage. Il concerne l’indemnité représentative de frais de mandat, qui n’a pas été réactualisée depuis trois ans.

Ce qui est vrai. La dernière augmentation de l’indemnité représentative de frais de mandat remonte à trois ans. Mais est-ce bien le moment de l’augmenter maintenant, alors que la tendance nationale est à la réduction des dépenses ? M. César ajoute :

Que je sache, tout le monde profite de l’augmentation des indices.

Ah bon ? Tout le monde ? Vous êtes sûr ? Même les fonctionnaires ? On ne doit pas avoir la même définition du gel des salaires alors. D’autant plus que celui-ci a été confirmé pour une deuxième année consécutive. Et pourquoi ce gel ? Pour réduire … les dépenses de l’État. Et accessoirement trouver du budget pour augmenter les Sénateurs visiblement.

Un drôle de rattrapage

Acceptons donc de voir cette prime comme un rattrapage. Rattrapage de quoi exactement ? M. César nous dit que l’indemnité de sénateur n’a pas été revalorisée depuis 2008. Et donc que cette prime correspond à une augmentation de la prime de 96€ par mois sur les trois dernières années. Donc si je comprends bien, l’augmentation de l’indemnité représentative de frais des Sénateurs est rétroactive sur les trois dernières années ?
Parce que chez les gens normaux, quand ils négocient une augmentation avec leur patron, ils ne peuvent pas dire : « Maintenant que j’ai eu mon augmentation, j’aimerais avoir les X euros que vous me devez sur l’année dernière. Ben oui, vous n’avez pas compté mon augmentation. »

Non, M. César, ça ne fonctionne pas comme cela. Vous le dites vous même : la dernière augmentation date de 2008. Et bien il n’y a aucune raison valable pour que l’augmentation de 2011 s’applique aussi sur les indemnités versées entre 2008 et juillet 2011. Il n’y a pas rétroactivité.

Sur le fond

Ce qui me dérange dans cette affaire, c’est qu’elle ne va servir qu’à des fins d’image politique. Les gentils députés de l’opposition vont la refuser et la rembourser, quand les méchants de la majorité vont l’accepter et se justifier en disant que « Tous les frais augmentent, en particulier en ce qui concerne nos déplacements » (sic) (rappellez-vous, le transport SNCF gratuit !). En fait, deux points capitaux me gênent ici.

Tout d’abord, le salaire des parlementaires, et globalement des postes dans la haute administration. Au vu du nombre d’avantages dont ils bénéficient (service de chauffeur, logements à bas prix voire gratuits, transports gratuits, collaborateurs …), leur salaire ne se voit amputé d’aucune dépense. Il s’agit donc de « bénéfice net ». Et excusez moi du peu, mais près de 7000€ de « bénéfice net » par mois. Ça commence à faire. Et je ne parle même pas de Christine Lagarde qui va maintenant toucher plus de 31 000€ mensuels en tant que directrice du Fond Monétaire International. Des responsabilités, je veux bien, mais aucune responsabilité au monde ne mérite que l’on fasse cadeau chaque année de 80 000€ (pour un Sénateur) à un politicien.

D’autre part, comment se fait-il que les Sénateurs votent eux-même leur propre prime ? On ne peut être juge et parti. Pourtant, le Président de la République décide de son propre salaire, les députés votent des lois leur permettant de s’augmenter, et le Sénat fait de même. Quel organe exerce un contrôle sur ces décisions ? Aucun. Le seul recours pour un citoyen pour faire abroger une loi est … de voter pour un député qui le fera pour lui. La boucle est bouclée. Bienvenue dans l’absurdité démocratique.

Sources : Le Journal du Dimanche, Le Point et le Sénat sur Wikipédia.

Non, mais, en fait, c’est une parodie, hein ?

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Salut, salut o/

Aujourd’hui, on va parler d’Hadopi. Je vois Franck Riester et Eric Walter au fond qui s’insurgent, je m’en excuse, c’est encore vous qui allez en prendre pour votre matricule. La porte est encore ouverte cela dit :o ) Alors, commençons par un petit rappel des faits : Hadopi, c’est la Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvre et la Protection des droits sur Internet. C’est aussi une entité administrative dont Eric Walter est le secrétaire général et Marie-François Marais la présidente. Accessoirement, cette entité dispose d’un budget annuel de 12 millions d’€uros, aux frais du contribuable, cela va de soi. Bon, on paye. Mais à quoi ça sert exactement ?

Pour ceux qui n’auraient pas suivi, Hadopi a pour mission d’enseigner aux « pirates » les méfaits du téléchargement illégal d’oeuvres protégées. Pour ce faire, Hadopi, en partenariat avec les majors (Universal, EMI, Sony Music …) surveille les réseaux P2P (pair à pair, du type eMule et torrents), et envoie un avertissement aux vilains téléchargeurs repérés. D’abord gentil (un e-mail), puis un peu plus remonté (un courrier recommandé). Et à la clé, au troisième téléchargement, le transfert du dossier à un juge pouvant éventuellement décider la coupure de la connexion Internet, ou une amende pour défaut de sécurisation du poste informatique, si vous n’avez pas été assez prudent et que c’est votre cousin Rodrigo qui a téléchargé une version acapella de la Cucaracha sur eMule. Ça vous paraît être une usine à gaz ? Ben oui, ça l’est. Et encore, c’est bien plus complexe que ça.

Le repérage est effectué par TMG, entreprise privée mandatée par les éditeurs (actuellement, TMG a quelques soucis de non-sécurisation de ses serveurs, et la CNIL a estimé que TMG ne prenait de bonnes précautions pour faire son office correctement, donc la Hadopi a stoppé toute connexion entre elle et l’entreprise). Entreprise privée, ça ne choque personne ? Non parce qu’il y a décision de justice à la clé. Enfin je dis ça, je ne dis rien. Passons. Ensuite, TMG communique la liste des IP qu’il a reperé à la Hadopi, qui transfère ça aux FAI. Ces derniers sont chargés d’identifier le titulaire de l’abonnement de la connexion Internet liée à l’IP. Le titulaire de l’abonnement ? Ça ne choque personne ? Et si on a été piraté ? Et si c’est le neveu/nièce/cousin/petit-fils/autre ? Et bien tant pis, c’est que vous n’avez pas bien sécurisé votre accès à Internet (aberrant, car même les meilleures protections WPA en WiFi sont aisément détournées). Bref, tout cela n’est pas très juste.

Mais au-delà de sa mission « répressive » (ou plutôt, « pédagogique » comme aiment l’appeler les députés UMP, même s’il n’en est rien), la Hadopi souhaite aussi promouvoir les offres légales. Ainsi a été créé le label PUR. Je passe sur le nom, les adeptes du point Godwin y trouveront à boire et à manger. Le label PUR est censé dénoter qu’une plate-forme est « validée » comme « TROP CHOUETTE » par la Hadopi. Deezer et Spotify sont sur les rangs par exemple. Et là, on se dit que finalement, ça pourrait être intéressant. Sauf que ces plates-formes sont en train de se faire pressurer par les labels, qui refusent purement et simplement la possibilité d’avoir accès gratuitement à la musique. Par contre, payer un abonnement tous les mois pour avoir accès à tout leur catalogue, pas de problème. Ça ressemble à la licence globale ? Mais non, surtout pas malheureux ! Les majors sont totalement contre cette idée ! Quoi ? Oui, ils ont l’esprit de contradiction.

Hadopi, histoire de se faire un peu connaître du grand public, à décidé de claquer 3 millions d’€uros pour une campagne de pub télévisée. 3 millions d’€uros. Oui, oui. Ça en aurait fait des subventions pour les festival de musique et les petits groupes en peine pour décoller, hein ? Mais non. Hadopi, c’est mieux. Donc, un super spot de pub. Je vous laisse le visionner, on se retrouve plus bas.

Campagne de pub de l'Hadopi par Nouvelobs

Oui, vous avez bien vu. C’est bien ça, la publicité pour Hadopi. Et je vous jure que ce n’est pas une blague.

Procédons méthodiquement, point par point :

> Dès le début, le spot met l’accent sur l’atout de la chanteuse : le charme. C’est sûr que les boobs, ça fait plus vendre qu’Autotune.

> « Des références telles que Voltaire, Zola et DJ Fritas » : Oui, oui, ils osent. Et elle chante en anglais. Y a surtout du DJ Fritas en fait.

> »Petit prodige de la musique » : Ah, c’est elle qui a composé la musique ? Ok, ça explique des trucs.

> »des textes engagés » : Attendez de voir le titre du single.

> »I prefer your clone » : Oui, ça c’est du titre engagé.

> »Révélation française de l’année 2022″ : Ben on va peut-être s’en passer alors.

> »Mais sans Hadopi, Emma Leprince ne pourra peut-être pas sortir ce single en 2022″ : W00t! Ruons nous sur nos clients P2P mes frères, la solution existe pour éviter cette soupe ! \o/

Vous l’aurez remarqué, ça ressemble plus à une parodie au second degré, voire une incitation à lutter contre Hadopi. Mais en fait non. Pourtant, je pense que les marketeux à l’origine de la pub voulaient ce côté « drôle », « second degré ». Sauf qu’ils ont oublié un point fondamental : ce qu’ils montrent est exactement la soupe, la daube culturelle qu’essaye de vendre EMI et Universal depuis des années. Et ça en devient pathétique. Plus de René la Taupe dans le futur ? D’Ilona Mitrecey ? De Rebecca Black ? Non. Assez.

Et pour le coup, je ne peux que vous renvoyez à l’analyse pertinente faite par Pascale Clarke sur France Inter, alors que Franck Riester (rapporteur de la loi HADOPI à l’Assemblée) était son invité.

Franck Riester par franceinter

Non vraiment. Ç’aurait pu être du second degré mon cher Franck. Pourtant, cela reflète beaucoup trop bien la réalité actuelle. Hé, oui. Bienvenue en 2011.

PS : Des sites gratuits légaux ? Oui, oui, ça existe … pour l’instant (cf. Deezer VS Universal plus haut) :|

Mise à jour : Jacques Attali a publié sur Slate.fr un article très intéressant et pertinent à propos de cette campagne de publicité, et des méconceptions qu’elle véhicule. A lire pour approfondir le sujet.

Anonymous, 2 hits combo !

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Anonymous frappe encore, et cette fois-ci sa cible est Sony. En effet, Anonymous a récemment fait tomber plusieurs sites européens de Sony, les rendant inaccessibles pendant plusieurs heures, via une attaque DDoS (déni de service), consistant à noyer le serveur sous une multitude requêtes simultanées, jusqu’au crash.

Anonymous désigne clairement sa cible dans le message ci-dessus, accusant la firme d’être trop « avide ». En effet, Sony a récemment poursuivi en justice deux hackers de la PS3, dont le fameux Geohot, bien connu dans le milieu du jailbreak d’iOS (le système d’exploitation de l’iPhone et l’iPad), ainsi que de la PS3. Pour la petite histoire, il était possible au lancement de la PS3 d’installer dessus un OS alternatif (un dérivé de Linux), fonction qui a été retirée ensuite lors d’une mise à jour. Or ces mises à jour sont obligatoires pour pouvoir jouer en ligne, ce qui a privé les utilisateurs de cette fonction. A partir de là, nombre de hackers ont cherché à réactiver cette fonction (sans l’accord de Sony, évidemment). De fil en aiguille, les bidouillages se sont perfectionnés, jusqu’à permettre aux possesseurs de la console d’utiliser des jeux piratés, installer un OS alternatif à celui de Sony, lire des médias audio/vidéo sans passer par le media center intégré etc … Ce qui n’a pas été du tout au goût de Sony. La firme japonaise a donc comblé les failles permettant ces hack par des mises à jour successives, mais ces soins palliatifs n’ont pas réussi à décourager les hackers, qui découvraient à chaque fois de nouveaux moyens de contournement. Réussite ultime, Geohot a récemment obtenu et publié les « Master Key » de la PS3, c’est-à-dire les clés permettant de signer un programme et de l’authentifier. Ainsi, un programme signé via ces clés est reconnu par légitime comme la PS3, comme s’il avait été produit par Sony ou un de ses partenaires (éditeur de jeu ou autre). Le programme peut donc s’exécuter sans que cela apparaisse suspect sur la machine, contrairement aux hacks qui eux n’étaient pas signés. Sony est alors au pied du mur, car changer ces clés forcerait de faire re-signer l’intégralité des jeux et programmes de la PS3, et donc engendrerait un coût de retour, de re-production et de renvoi des jeux colossaux (que les éditeurs refuseraient de prendre en charge). Ainsi, Sony a choisi d’assigner Geohot en justice.

Ce qu’Anon réprouve, c’est que Sony agit ici comme Apple : ils tentent d’empêcher les utilisateurs d’exercer pleinement leurs droits sur la PS3 qu’ils ont acquise. Ainsi, Anonymous souhaite que tous les acheteurs puissent utiliser librement et comme il leur plaît leur PS3. Sony devrait donc les laisser libre d’y faire des modifications, et ne pas les obliger à rester dans le carcan « officiel », que ce soit en bannissant les joueurs du PlayStation Network ou en les assignant devant un tribunal. D’où cette « vengeance » d’Anonymous, qui considère maintenant Sony comme un ennemi, au même titre que la RIAA (équivalent américain de la SACEM).

Dur de vouloir enfermer les gens dans un écosystème fermé quand Anonymous veille ! ;)

Source : Clubic et PS3 Addict

 

Anonymous joue dans la cour des grands … et force le respect

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My Name Is Legion, For We Are Many.

 

Plus le temps passe, et plus les références aux « Anonymous » (ou « Anonymes » en français) dans les médias sont nombreuses. Ce mouvement, groupe, organisation, appelez ça comme vous voudrez, fait effectivement de plus en plus parler de lui depuis quelques temps. Souvent en mal. Car les motivations d’Anonymous sont aussi variées qu’il y a de posts sur 4chan, le site « fondateur » du collectif.

« Anonymous », c’est quoi ?

Le mouvement « Anon » (abréviation d’Anonymous) est issu de l’imageboard anglophone 4chan. Pour simplifier, il s’agit d’un forum en libre accès, où l’objet principal est le partage d’images. Le site est segmenté en différentes sections, indiquées sous l’abréviation /*/, où * est à remplacer par une lettre (par exemple, /a/ désigne la section « Anime et Mangas », /sci/ la section « Sciences et Mathématiques » etc …). La section la plus connue est probablement le célèbre /b/, qui est en réalité la section « Aléatoire » (random) de 4chan. Aucun thème n’y est privilégié, et presque n’importe quoi peut y être posté (dans les limites légales, car les modérateurs veillent au grain). Je ne détaillerai pas plus avant le fonctionnement de 4chan, qui est régit par un ensemble de règles assez spécial (en plus des « Rules of the Internet »), mais il est assez particulier, et différent des forums traditionnels. Les messages ne sont gardés qu’en temps limité, par exemple, et seuls les sujets les plus populaires parviennent à se maintenir en première page.

Quel rapport entre ce site et Anonymous donc ? Et bien, Anonymous est le pseudonyme par défaut des usagers qui postent sur 4chan. Rapidement, Anonymous est un devenu un terme générique pour désigner « un internaute qui visite 4chan », en particulier la section /b/, qui est la plus populaire (à l’origine d’ailleurs de nombreux mèmes). Pour l’anecdote, les membres de /b/ se désignent souvent par le terme moins glorifiant de /b/tard. La communauté Anonymous est donc en fait un ensemble de gens, aux convictions diverses, aux motivations différentes, mais se réunissant sur 4chan pour communiquer, rire, troller, et parfois agir d’une façon surprenante. Les premières actions « fortes » d’Anonymous (en tant qu’action collective, concertée sur 4chan) sont probablement leurs attaques contre l’Eglise de Scientologie. En effet, en plus de démonter scrupuleusement les thèses de la secte, le groupe s’est attelé à pénétrer son site, avec succès. Comment est-ce possible ? Rappelez-vous : Anonymous est tout le monde, et personne à la fois. 4chan ne conserve aucune donnée personnelle, et Anonymous regroupe des centaines de milliers de personne, et dans le lot, nulle doute qu’un certain nombre maîtrisent le domaine de la sécurité informatique. Depuis, de nombreuses actions ont été menées « par » Anonymous, ou plutôt revendiquées comme telles.

Pourquoi « revendiquées » ?

La devise d’Anonymous est claire : « We never forgive – We never forget. We are Legion. », et ce n’est pas pour rien que les Anon utilisent le masque de Guy Fawkes comme symbole de leur anonymat. Anonymous peut être n’importe qui, et n’importe qui peut clamer en faire partie. Difficile de distinguer dans le lot des actions menées collectivement avec l’approbation d’une majorité d’Anonymous de celles menées individuellement, sans avoir été concertée. Vous voyez le problème ? Difficile pour la presse, qui n’est pas familière avec cette notion très particulière, de faire la différence. Et la popularité grandissante du site ne fait qu’augmenter le nombre des ces actions menées par des « plagieurs », un peu comme les émules que ferait un serial killer talentueux. Car Anonymous agit régulièrement comme un Robin des Bois, frappant Paypal quand celui-ci bloque le compte de Wikileaks, lançant une attaque DDoS (déni de service), visant à faire fermer les sites des lobbys cinématographiques et phonographiques américains … Malgré toute la multiplicité des opinions internes, il émerge d’Anonymous une forme d’éthique à respecter, et à faire respecter, quitte à tomber régulièrement dans l’illégalité (car oui, il va sans dire que s’introduire sur un serveur sans autorisation est un délit). Pour faire contribuer le plus grand nombre à leurs actions, Anonymous utilise un logiciel nommé LOIC (Low Orbit Ion Canonn) permettant de lancer massivement des attaques de déni de service sans connaissance particulière en informatique.

Mais, c’est mal ?

Pas à mon sens. Jusqu’à présent, les revendications d’Anonymous sont claires, et les valeurs défendues sont respectables. Il s’agit de défendre la liberté, la transparence, et la neutralité du cyberespace. Il arrive qu’Anon agisse de façon impulsive, irréfléchie, et tente d’imposer ses valeurs par des méthodes informatiques « brutales ». Néanmoins, ses actions se font toujours de façon pacifique, et de manière générale, il s’agit de « provoquer », histoire de donner un grand coup de pied dans la fourmillière. C’est illégal certes. Pourtant, les idées d’Anonymous me paraissent légitimes, sans toutefois que j’adhère à toutes les propositions défendues (mais rappelez-vous, la multiplicité d’Anonymous est sa force, chacun étant libre de proposer, d’agir et se forger son opinion). La vague des « nouveaux arrivants » comprend beaucoup d’internautes (voire de kévins, ou d’usagers du forum 15-18 de JV.com) dont le but est de faire « partie d’un truc cool », et qui au final donnent une mauvaise image d’Anonymous, en agissant régulièrement de façon immature, ou en polluant les threads. Ainsi, ce qui est reflété dans les médias aujourd’hui relève plus des Anonymous « du bord », arrivés assez récemment sur le site (1 ou 2 ans tout au plus), avec trop peu de temps passé à leur actif sur 4chan pour saisir l’essence du mouvement.

Et donc, pourquoi tu parles de ça maintenant ?

C’est là que ça devient intéressant. Récemment, une société privée de sécurité informatique, HBGary, s’est mis en tête l’idée de démasquer les Anonymous. Plus dans une optique d’un plan com’ bon marché qu’une réelle ambition, puisque la conception d’Anonymous par HBGary est totalement erronnée (son PDG semblait considérer qu’il suffirait de trouver le « fondateur » et les « co-fondateur », ce qui est faux, puisque le seul « fondateur » imaginable est m00t, l’administrateur de 4chan.org, et qui ne s’est jamais présenté comme un quelconque dignitaire des Anon). Provoqués, les Anonymous se sont fait (un peu) manipulés, et ont réagit de façon assez sévère, puisque ils ont tout simplement infiltré le réseau de la société (en utilisant des vraies techniques de hacking, et pas des broutilles comme de l’injection SQL de base, ou du DDoS), et ont téléchargé et mis à disposition sur The Pirate Bay plus de 66 000 mails privés de la boîte (en plus de pirater le compte Twitter du PDG). Oui, vous avez bien lu, ils ont eu accès à 66 000 mails, et les ont rendus publiques. Des courriels privés de l’entreprise révélant bien plus de choses que l’on aurait pu s’y attendre, et causant une triplette de dégâts.

Premièrement, les courriels révèlent que le PDG de HBGary a lancé cette croisade contre Anonymous comme un plan marketing, pour « se faire mousser » dans les médias. En effet, sa société est divisée en deux : HBGary Federal, qui vend des produits … aux fédéraux américains (et oui !), et HBGary Inc., qui vend à d’autres compagnies (assurances, banques etc …). Par ailleurs, c’est bien HBGary Federal (et donc la partie la plus sensible de l’entreprise) qui a été hackée. Ce qui jette totalement le discrédit sur la boîte, qui est censée être une compagnie de sécurité de pointe. Les Anonymous marquent donc un point, en faisant douter sur la compétence de HBGary, et le sérieux de l’entreprise.

Deuxièmement, les courriels révélés donnent des informations sur de nombreux dossiers sensibles, qui concernent la sécurité informatique dans le monde, et plus particulièrement des dossiers surveillés conjointement avec le FBI, le NSA ou la CIA, et d’autres clients de l’entreprise. On découvre, par exmeple, que HBGary, en partenariat avec un cabinet d’avocats envoyé par la Bank of America avait élaboré un plan pour démanteler Wikileaks. Un des objectifs était notamment de faire pression sur les journalistes influents qui supportaient Wikileaks aux Etats-Unis, et à décridibliser Julian Assange, ainsi que l’organisme en lui-même. Encore ? Selon un rapport interne, HBGary a appris de certaines sources (notamment un groupe de chimie américain) que certains matériels chinois (des disques durs sont évoqués) pourraient contenir … des mouchards. Plus étonnant encore, on y apprend que Symantec fait peser tous ses ordinateurs avant expédition et après pour vérifier que le matériel embarqué n’a pas été modifié. Plus ? Le gouvernement américain a posé son véto lors du rachat d’une société de sous-traitance en sécurité par Check Point, car cette dernière est soupçonnée par la NSA d’être une société montée de toute pièces par le Mossad pour camoufler leurs opérations. Une autre ? L’armée de l’air américaine aurait fait un appel d’offres pour la conception d’un malware (programme malveillant) permettant d’infiltrer et de surveiller des réseaux sociaux à l’aide de plusieurs fausses identités (faux comptes) en simultanée. Inutile de préciser que ces révélations ont soulevé énormément de questions chez les parlementaires américains, dont certains ont demandé une enquête sur les activités de HBGary et d’autres compagnies qui lui sont liées, car je doute que tout ceci soit bien légal.

Conclusion de l’histoire : Je pense que la réaction des Anon a été un petit peu puérile, ils n’ont fait que se montrer comme des « justiciers qui imposent leur loi », en se faisant manipuler. Néanmoins, ils ont clairement affiché leur détermination à ne pas se laisser abattre, envoyant un message à ceux qui aimeraient « censurer » (ou civiliser) le Net. En tout cas, l’initiative est louable, et les informations divulguées troublantes. Attention cependant à ne pas tomber dans une caricature de soi-même, en passant de Robin des Bois au Dr Mad.

Sources : 01net et Naked Security

PS : l’image qui a remplacé le site de HBGary pendant le hack :

Frakkin’ toaster

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J’ai commencé à regarder Battlestar Galactica relativement tard. En fait, je me demande même si la saison 4 n’était pas en train de s’achever quand j’ai commencé à regarder le pilote.

J’avoue avoir été sceptique au départ. BSG (l’acronyme de BattleStar Galactica) m’avait été décrite comme une série de science-fiction militaire réaliste. Exit donc les idées de « bouclier électromagnétique », de « sabre laser », de « rayon gamma » et autres joyeusetés habituelles. Pour être un fan immense de Star Wars, j’attache énormément d’importance aux avancées technologiques de ce genre. Pourtant, le pilote m’a rapidement emballé. La première demi-heure passée, j’étais plongé dans l’histoire, pris par la tournure épique des événements.

Pour faire un très léger synopsis, l’histoire est la suivante : les humains ont colonisé 9 planètes, et vivent en paix relative avec les robots Cylons, leurs créations, qui se sont rebellés plusieurs décennies auparavant. La guerre avec les Cylons a laissé de profondes cicatrices dans les esprits, mais nulle trace d’eux depuis des années. Pourtant, un jour, la station spatiale censée marquer la frontière est détruite. Les Cylons attaquent alors les 9 planètes, et rasent quasi-totalement celles-ci, annihilant presque l’espèce humaine. Presque, car un Battlestar (vaisseau de guerre imposant de la flotte humaine), le Galactica, est encore en orbite. Censé être transformé en musée, il embarque les derniers représentants de l’espèce humaine, et se lance dans une escapade despérée pour échapper aux Cylons.

La série se déroule sur quatre saisons, la première étant de loin ma préférée. Les personnages un poil stéréotypés du pilote se révèlent plus profond au fur et à mesure que l’histoire avance. De nombreuses intrigues secondaires se mêlent au scénario principal, mettant souvent en scène des situations complexes, qui amènent à réfléchir sur la démocratie, la religion ou encore le terrorisme.

J’ai beaucoup d’affection pour certains personnages comme Starbuck, Tyrol et Lee. Le scénario aidant, on s’attache très vite à certains, quand d’autres nous donnent des boutons presque immédiatement. Par ailleurs, loin des traditionnels « héros » et « anti-héros » hollywoodiens, nombre de protagonistes nous paraîtront brillants par moment, et feront parfois des erreurs, voire des choses qu’on réprouve.

J’ai beaucoup parlé du scénario et des personnages, mais venons en au côté technique de la chose. La mise en scène est irréprochable, les acteurs bien choisis. Les effets spéciaux sont de (très) bonne qualité, et l’ambiance et le design sont tout bonnement excellents. Les dialogues sonnent toujours juste, et ne tombent jamais dans le ridicule.

Un superbe space opera, un univers prenant, un scénario génial, qu’est-ce qu’on attendait de mieux ?

GiedRé, je voulais faire une blague en titre, mais j’ai pas trouvé

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Découverte de la journée : la chanteuse GiedRé (also known as MOiSie).

Déjà, la voix est géniale, un peu intimiste, mais présente, et très mélodique. Ça change clairement des voix totalement déformées ou sur-saturées d’effets des Be Wiz U (Génération TEXTO (produit par Universal (Pascal Nègre !)) ça vous dit quelque chose ? Si non, ne cherchez pas à les connaître, c’est mieux pour vos oreilles). Bref, c’est assez envoûtant.

Heureusement, on revient vite les pieds sur terre à l’écoute des textes. C’est osé. Pas vraiment vulgaire, mais un petit peu quand même. Mais c’est si bien chanté qu’on lui pardonne. Et surtout c’est suffisamment drôle pour qu’on apprécie :)

Moi j’aime bien les chanteurs qui prennent une guitare et qui chantent. Surtout si c’est drôle et joyeux. Alors j’aime bien GiedRé. Donc je fais partager \o/

Si ça vous intéresse, allez voir son MySpace pour vous faire une idée, et lisez l’article qui lui est consacré sur AgoraVox. Moi j’ai pas honte de le dire : j’aime ça :D

Minecraft, c’est bien o/

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Voilà, une petite maison que j’ai construite dans Minecraft. Je présenterai sûrement le jeu dans un futur article. Enjoy ;)

real_programmers

Verrouillage

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Grande nouvelle : les majors ont réfléchi, et ont décidé d’adopter le système de mécennat global ! C’est une avancée exceptionnelle, et une première dans le monde.

Peut-être un jour aurons-nous le droit d’entendre ça à la radio ou de le lire dans la presse, mais nous en sommes encore loin. Pour le moment, nous avons … la Haute Autorité Pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet (HADOPI). Alors, ça en est où cette affaire, me direz-vous ?

Et bien, depuis l’adoption de la loi, et l’envoi des premiers mails (octobre 2010), la HADOPI a atteint le seuil faramineux des … 25 000 mails d’avertissement envoyés. Le chiffre n’est pas sûr, mais il s’agit d’une estimation réalisée par le site PCINpact. Selon Eric Walter (président de la HADOPI), « Un jour, on envoie 4000 mails, un autre 500 ». On est donc relativement loin des 10 000 mails par jour annoncés par Christine Albanel lorsqu’elle portait le projet en tant que Ministre de la Culture.

La faute à qui ? Et bien, à personne en particulier. Depuis l’annonce du projet de loi, les internautes et de nombreux bloggeurs pointaient du doigt les contraintes techniques du simple fait d’identifier les IP et d’envoyer 10 000 mails par jour (en plus du débat de fond sur la légitimité de la loi, mais je n’y reviendrai pas, voyez mes anciens articles pour cela).

Tout d’abord, remettons le contexte en place. TMG est la société chargée par les ayants-droits (majors, labels, éditeurs …) de collecter les IP des « contrevenants supposés ». Jusque là, pas de problème. Ensuite, TMG transmet les listes aux ayants-droits, qui les envoie à la HADOPI. La Haute Autorité renvoie alors les listes aux FAI (Fournisseur d’Accès à Internet, que sont Orange, Bouygues, SFR, Free …), qui doivent identifier le titulaire de l’abonnement liée à l’IP.

C’est là que le bat blesse. En plus des erreurs potentielles, il y a des doublons : plusieurs IP différentes peuvent correspondre au même abonné. Ensuite, la HADOPI doit tout de même se charger manuellement du tri des réponses des FAI pour l’envoi des mails. Tout cela limite la volumétrie des mails envoyés, et on est donc loin des 100 000 mails relayés depuis le début des envois.

Pourtant dans un sens, PCINpact souligne une forme d’efficacité d’HADOPI. Celle-ci, en plus de servir de modèle à certains autres pays, comme la Grande-Bretagne (mais ils s’en mordront les doigts tout autant que le gouvernement français à l’heure actuelle), elle incite les « pirates » à changer de méthode. Plutôt que de passer par le P2P (Peer To Peer, échange d’internaute à internaute), on revient à la bonne vieille méthode du DDL (Direct Download, les fichiers sont stockés sur un serveur).

En effet, le DDL n’est absolument pas surveillé par HADOPI, et est quasiment impossible à surveiller, à moins d’une coopération totale des hébergeurs, comme MegaUpload, Fileserve, Rapidshare etc … Ce qui ne se fera probablement pas, puisque les services d’abonnement premium de ces hébergeurs (qui permettent alors de télécharger sans limite de vitesse, et sans temps d’attente) ont explosés. Il suffit de regarder le nombre de visiteurs uniques de MegaUpload pour s’en rendre compte.

Les hébergeurs de fichier font donc carton plein. Bien entendu, ils retirent les fichiers tendancieux à la demande des majors, mais ceux-ci sont en nombre bien trop important pour les retirer tous. D’autant plus que les utilisateurs ont une « fâcheuse » tendance à les uploader à nouveau peu de temps après leur retrait.
Dans une émission sur France 5, Thierry Lhermitte disait : « On me parle d’un film, je le tape sur Google, je tombe sur Megaupload. Je clique, une heure après j’ai un fichier .avi. Est-ce que j’ai fait quelque chose d’illégal ? J’en sais rien ! »

Evidemment, les hébergeurs n’affichent pas en gros : « Ce fichier est illégal ». Puisque ce sont les utilisateurs qui envoient les fichiers, ils n’ont qu’une responsabilité limitée, et profitent de la forte augmentation du nombre d’utilisateurs pour faire des bénéfices, via les abonnements. Tout comme le font les services de VPN, qui permettent de surfer/télécharger anonymement. Ironique ? Oui. Car finalement, les « pirates » ne refusent pas de payer, la preuve : ils déboursent 5€ tous les mois pour leur VPN/abonnement Megaupload. Ce qu’ils refusent, c’est de payer trop, et tout le temps.

Car soyons clair : que ce soit dans les magasins, ou dans les boutiques dématérialisées comme iTunes, la culture EST chère. Pourquoi ? La raison principale invoquée par Pascal Nègre (président d’Universal Music France) est : « il faut payer les artistes, la promotion, les équipes de marketing ». Nous y voilà. Pour justifier le coût d’un CD, on avance le fait qu’il faut « promouvoir » l’artiste. Mais promouvoir l’artiste, c’est vouloir faire vendre plus de CD. La promotion ne devrait-elle pas se suffire à elle-même ? Le graphique suivant prend alors tout son sens.

Le coût de fabrication d’un CD est négligeable. Celui d’un fichier numérique (mp3, aac, flac, mp4, avi, exe etc…) est inexistant. Ainsi, la logique veut que quand vous achetez un logiciel, le prix doit diminuer une fois que le coût de production a été atteint. Tout le bénéfice engrangé une fois ce seuil atteint est du bénéfice supplémentaire. Pourtant, le prix des CD et de la musique sur iTunes ou à la FNAC ne diminue pas. Pourquoi ? Parce qu’il y a derrière des actionnaires qui veulent augmenter leurs bénéfices. Toujours. Et c’est valable pour les films, les jeux vidéos et les logiciels.

Prenons un jeu vidéo dans le commerce. A sa sortie, il vaut le même prix partout : 60€ en magasin, 60€ sur Steam (plate-forme d’achat de jeu dématérialisé, par téléchargement légal). Puis, le temps passe, et le jeu finit par passer à 30€ dans les magasins. Puis au bout de 2 ans, quand le jeu aurait été sucé jusqu’à la moëlle pour faire cracher aux joueurs le plus d’argent possible, il passe à 10€. A côté, sur Steam, le jeu est passé à 15€ depuis longtemps. Pourquoi ? Parce que Steam applique le principe qui devrait prévaloir partout : une fois le coût de production dépassé, le bénéfice est du bénéfice supplémentaire. Comme le coût de copie d’un jeu est quasi-inexistant, le prix baisse logiquement, et fortement.

Le succès des opérations du type « Pay what you want » reflète bien cette logique. Prenons le Humble Indie Bundle : il s’agit de 5 jeux de studios indépendants, vendus à un prix libre. L’acheteur fixe lui-même le montant qu’il souhaite donner en rétribution aux développeurs. Résultat : « The Humble Indie Bundle experiment has been a massive success beyond our craziest expectations. So far, 138,813 generous contributors have put down an incredible $1,273,613. »
Oui, vous avez bien lu, 1 273 613 $, soit un million et quart de dollars, pour plus de 138 000 acheteurs. Un chiffre qui n’aurait jamais été atteint sinon.

La preuve que cette opération a été un succès a été sa reconduction il y a quelques jours. Le Humble Indie Bundle #2 a relancé une opération identique, mais avec 5 jeux différents. Le résultat : $1,824,484.16 de bénéfices pour
232,852. Et ce bénéfice est quasi-net, puisque les jeux sont à télécharger. Aucun coût de fabrication donc.

On est bien loin des 10€ par jeux imposés dans le meilleur des cas par les éditeurs (ou même 5€ sur Steam), et très loin des 60€ demandés pour les blockbuster. Certains artistes l’ont bien compris. Le groupe Radiohead avait diffusé son album sur ce principe de Pay What You Want, et avait rencontré un grand succès en ligne. En se débarassant d’intermédiaire, ils ont gagné bien plus que s’ils avaient vendus le même nombre d’albums en matériel, via EMI (leur label). Le groupe Anvil a pendant un temps fait de même. Sans label, ils vendaient « à la main » leur CD à la fin de leurs concerts pour environ 10€. De cette façon, ils atteignaient bien plus rapidement de quoi financer leurs tournées que par un major. A méditer.

PS : au passage, la LOPPSI a été votée. Dorénavant, l’administration peut décider de mettre un site sur liste noire sans décision d’un juge. La liste noire reste confidentielle pendant 2 ans. Le site lui n’est pas supprimé, juste rendu inaccessible par les FAI (mais la mesure est contournable). La justification : « Bloquer les sites pédophiles ». Ce qui est aberrant, c’est qu’il faudrait FERMER ces sites, plutôt que de les masquer. De la même façon, la plupart de ces sites existent sur des réseaux bien plus discrets, type Usenet, et les utilisateurs passent par des VPN pour se rendre anonyme. Efficacité nulle, mais contrôle de l’internet de façon dictatoriale en cours d’acquisition. Pour plus d’informations, rendez-vous sur La Quadrature du Net, chapitre Filtrage du Net.


Sources :
ZeroPaid : « Pay-What-You-Want Game Sale Closes Totaling $1.8 Million »
PCINpact : « Hadopi : entre 20 et 25 000 mails envoyés, non 100 000″
Pour plus d’infos sur le mécenat global :
MecenatGlobal.org
Wikipédia

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